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	<title>Avec M. Conan Doyle et ses Anges - Revision history</title>
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	<subtitle>Revision history for this page on the wiki</subtitle>
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		<id>https://www.arthur-conan-doyle.com/index.php?title=Avec_M._Conan_Doyle_et_ses_Anges&amp;diff=58450&amp;oldid=prev</id>
		<title>TCDE-Team at 18:02, 10 June 2017</title>
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		<updated>2017-06-10T18:02:57Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;New page&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;div&gt;&amp;#039;&amp;#039;Avec M. Conan Doyle et ses Anges&amp;#039;&amp;#039; (With Mr. Conan Doyle and his Angels) is an interview of [[Arthur Conan Doyle]] written as an article (in French) by [[Raymond Millet]] published in [[Les Annales Politiques et Littéraires]] No. 2204 on 20 september 1925.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Avec M. Conan Doyle et ses Anges (FR) ==&lt;br /&gt;
[[File:Les-annales-politiques-et-litteraires-1925-09-20-p299-avec-m-conan-doyle-et-ses-anges.jpg|thumb|300px|right|[[Les Annales Politiques et Littéraires]]&amp;lt;br /&amp;gt;(20 september 1925, p. 299)]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si vous connaissez des adeptes du spiritisme, demandez-leur quel a été l&amp;#039;événement essentiel de la semaine passée. Ils répondront : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Le Congrès ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Le Congrès de Genève ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Eh! non, celui des spirites.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s&amp;#039;est tenu dans un hôtel privé de la rue Copernic (le chanoine polonais savait-il que les esprits de nos morts habitent ses planètes?). Dans ce temple ésotérique, mais accueillant, fidèles, néophytes et curieux ont goûté des concerts qu&amp;#039;on pourrait qualifier ou spirituels ou « surréalistes », si ces deux adjectifs n&amp;#039;étaient réservés ; disons donc « musique transcendante », en faisant violence à la modestie de M. Pascal Forthuny, poète et compositeur, apôtre persuasif et, par sa science comme par sa courtoisie, mandarin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Il m&amp;#039;est apparu cette nuit. Femme, a-t-il dit, je suis ton fils et je suis né pendant la révolution. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La dame âgée qui haletait en murmurant ces mots venait de s&amp;#039;asseoir sur une chaise providentielle, au seuil du musée spirite. On lui donna des sels. Comme je suggérais qu&amp;#039;elle serait mieux à l&amp;#039;infirmerie spéciale, mon voisin me regarda sévèrement :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Nous ferons d&amp;#039;elle, me dit-il, un excellent médium.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&amp;#039;entrai dans le musée. J&amp;#039;aspirais à des visions hallucinantes. Je n&amp;#039;ai trouvé que de gracieuses enluminures élaborées par un mineur auquel des voix ont commandé de peindre ; puis, des photographies de premières communiantes, de jeunes femmes en robe d&amp;#039;hyménée, d&amp;#039;enfantelets joufflus, de fées anglo-saxonnes et de fantômes puérilement macabres. Des yeux ont vu ces apparitions que la découverte de Niepce et de Daguerre a permis de fixer pour les yeux qui ne les verront jamais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jamais ? Qui sait ! Les Messieurs de Port-Royal ne savaient pas que la théorie de la grâce serait reprise par les spirites. « &amp;#039;&amp;#039;Moi non plus je ne croyais pas et je dis maintenant qu&amp;#039;il est absurde de ne pas croire.&amp;#039;&amp;#039; » Telle est la profession de foi de tous ceux qui, en pleurant sur la tombe fraîchie d&amp;#039;un être cher, ont vu soudain le visage du disparu et entendu sa voix. Leurs larmes se sont taries ; un baume a guéri leur blessure. La douce image ne les a plus jamais quittés et les lèvres toujours vivantes n&amp;#039;ont pas cessé de murmurer : « Je suis avec toi. » &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette consolation, la providence l&amp;#039;a ménagée à un célèbre romancier : sans elle, sir Arthur Conan Doyle eût suivi son fils dans la mort. Il cause aujourd&amp;#039;hui avec plusieurs de ses amis et de ses parents qui ont quitté la terre. Il a publié sa foi dans le nouveau monde et dans l&amp;#039;ancien. Sa présence au Congrès des spirites a provoqué celle de nombreux sceptiques. Mais le père du positiviste Sherlock Holmès n&amp;#039;a pas apporté les preuves « positives » qu&amp;#039;il avait promises : les projections cinématographiques qui ont suivi sa conférence ont déçu jusqu&amp;#039;aux croyants ; l&amp;#039;opérateur était maladroit, paraît-il. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le célèbre romancier a bien voulu me donner quelques éclaircissements pour les lecteurs des &amp;#039;&amp;#039;Annales&amp;#039;&amp;#039;. Inclinant avec bienveillance sa haute taille et son visage vénérable, il a patiemment écouté mes questions. Puis, scandant les mots à la manière anglaise et donnant ainsi plus de poids à ses affirmations :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Les Français, m&amp;#039;a-t-il dit, n&amp;#039;ont pas toute l&amp;#039;incrédulité qu&amp;#039;on leur attribue. D&amp;#039;abord, ils sont, pour la plupart catholiques ; cette condition n&amp;#039;est pas indispensable : j&amp;#039;étais, naguère, libre penseur. Mais catholiques ou mécréants, ils ont l&amp;#039;esprit ouvert ; ils comprennent même quand ils n&amp;#039;essaient pas de comprendre. Chez vous, plus qu&amp;#039;ailleurs, la victoire nous est assurée. Dois-je vous citer Camille Flammarion, le professeur Charles Richet ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- La conversion des savants semble à la foule moins frappante que la vôtre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Oh ! moi, je n&amp;#039;ai plus un doute. Sentez-vous l&amp;#039;abîme qui sépare une opinion d&amp;#039;une certitude ? La foi est un état d&amp;#039;esprit moins puissant que ma croyance. « Ils ont des yeux et ils ne voient pas, des oreilles et ils n&amp;#039;entendent pas. » Mes yeux ont vu, mes oreilles ont entendu : je ne crois pas, je sais. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On ne peut que s&amp;#039;incliner avec respect devant une conviction aussi profonde, d&amp;#039;autant plus qu&amp;#039;elle a brisé le cadre de l&amp;#039;égoïsme : sir Arthur Conan Doyle, délivré de la douleur de son deuil, a vu bientôt dans le spiritisme la base &amp;#039;&amp;#039;scientifique&amp;#039;&amp;#039; d&amp;#039;une religion, d&amp;#039;une esthétique et d&amp;#039;une morale qui, si j&amp;#039;ai bien compris, forment autant de traits d&amp;#039;union entre le catholicisme et l&amp;#039;église réformée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- La philosophie matérialiste, m&amp;#039;a dit le célèbre romancier, est à l&amp;#039;origine des scandales privés ou publics, des guerres injustes et de presque tous nos maux. Nous deviendrions meilleurs si nous étions sûrs que nous aurons à rendre compte de nos actions. Certaines religions ont pu nous inspirer de la crainte ; mais, égarées dans les trivialités, elles ne nous permettent plus de communier avec le monde supérieur. Les spirites ont rétabli le contact, si j&amp;#039;ose dire. Ils communiquent avec l&amp;#039;intelligence centrale, grâce...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Aux médiums ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Non, grâce aux anges. Les anges sont des spirites supérieurs. Ces messagers de l&amp;#039;au delà sont parfois grossiers : c&amp;#039;est que nous les y forçons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Voilà donc pourquoi Napoléon Ier et Victor Hugo disent tant de sottises, par le truchement des tables fouinantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Nous n&amp;#039;avons que les anges que nous méritons. Il faut mériter les meilleurs, parce qu&amp;#039;ils nous transmettent les messages divins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Et aussi les messages des morts ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A ce mot, sir Conan Doyle tressaillit et, sans aménité, s&amp;#039;écria :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Les morts ? Pauvre homme que vous êtes! Ceux que vous pleurez ou que vous ne pleurez plus vivent comme vous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Pardon... Vous disiez, maitre, que l&amp;#039;angélisme...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Les morts !... Mais c&amp;#039;est vous qui êtes mort !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ma confusion se trahit — comme il est d&amp;#039;usage — par une maladresse : je laissai tomber le livre qui avait enchanté, tout le jour, mes voyages en autobus ; il s&amp;#039;échappa de la liseuse et le titre apparut : &amp;#039;&amp;#039;La Révolte des Anges&amp;#039;&amp;#039;. Sir Conan Doyle le vit, ce titre ; et parce que l&amp;#039;humour peut fraterniser avec l&amp;#039;ironie française, nous sourîmes l&amp;#039;un et autre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Le hasard aime les contrastes, dit le romancier d&amp;#039;une voix plus calme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne pus me défendre de répondre :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Il serait curieux, maître, que vous pussiez disputer des anges avec les mânes d&amp;#039;Anatole France.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- Je crois que nous ne réussirions pas à nous entendre !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et, en me donnant un vigoureux shake-hand, sir Arthur Conan Doyle rit largement, à l&amp;#039;anglaise.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
----&lt;br /&gt;
* [[Sir Arthur Conan Doyle:Complete Works|Back to Complete Works]]&lt;br /&gt;
* [[Sir Arthur Conan Doyle|Back to Conan Doyle]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>TCDE-Team</name></author>
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