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22 May 1859, Edinburgh M.D., Kt, D.L., LL.D., Sportsman, Writer, Poet, Politician, Justicer, Spiritualist Crowborough, 7 July 1930

David Burke

From The Arthur Conan Doyle Encyclopedia

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David Burke as Watson in The Resident Patient (1985)

David Burke (born 25 may 1934) is a British actor who played Dr. Watson in 1984-1985 (season 1 & 2) in the TV series Sherlock Holmes with Jeremy Brett as Sherlock Holmes, He was replaced by Edward Hardwicke for the rest of the series. He also played Sir George Burnwell in 1965 in TV episode The Beryl Coronet with Douglas Wilmer as Sherlock Holmes.



Adaptations

TV Show

Documentary

Series


Biographie

Un parcours personnel inattendu

David Burke & Anna Calder-Marshall (1971)

Premier Docteur Watson de la série Granada, David Burke naquit le 25 mai 1934 à Liverpool dans une famille modeste profondément catholique. Sa sœur aînée est d'ailleurs entrée dans les ordres. Quant à sa mère, elle fut horrifiée lorsqu'il proclama sa volonté d'intégrer, lui, le monde de perdition qu'est le théâtre. Mais la décision du jeune homme s'avéra aussi définitive que fortuite était sa cause: alors qu'il était étudiant à Oxford, on lui confia un petit rôle dans une représentation universitaire. Les quelques lignes qu'il prononça déchaînèrent une tempête de rires. A partir de ce moment, raconta-t-il plus tard, il avait su ce qu'il allait faire de sa vie (The Television Sherlock Holmes, Peter Haining, 1986). En 1971, Burke épouse l'actrice Anna Calder Marshall qui, l'année précédente, avait été une touchante Catherine Earnshaw-Linton dans Wuthering Heights aux côtés de Timothy Dalton (Heathcliffe). En 1993, elle interprètera avec talent le rôle ardu des deux soeurs Northcote dans The Eligible Bachelor, dernier long-métrage de la série Sherlock Holmes. David et Anna, qui ont joué ensemble à de nombreuses reprises et tout récemment encore en 2011 dans la pièce d'Arthur Miller Danger : Memory !, vivent dans le Kent avec leur fils Tom (né en 1981), qui a lui aussi embrassé la carrière d'acteur. Il a été choisi pour le rôle d'Athos dans la série The Musketeers de BBC one (2014) où apparaît également son père (Father Duval). Ainsi, issu d'un milieu aux valeurs religieuses traditionnelles pour lequel le théâtre était le royaume du diable, Burke a fondé une dynastie de comédiens.

Un répertoire théâtral riche et varié

David Burke as Stan Mann (Roots, 2013)

Diplômé de la prestigieuse Royal Academy of Dramatic Art, David Burke a pour première passion le théâtre. De formation classique, comme Brett, il a travaillé pour le National Theatre, la Royal Lyceum Company et la Royal Shakespeare Company. Il a joué Othello dans le rôle-titre, incarné Hector dans Troilus and Cressida (1985), Kent dans King Lear (1997) et John of Gaunt dans Richard II aux côtés de Ralph Fiennes (2000). Il a également enregistré des versions audio de Venus and Adonis et The Rape of Lucrece de Shakespeare mais aussi d'oeuvres beaucoup plus modernes comme Waiting for Godot de Samuel Beckett. Car Burke est très loin de s'être cantonné aux grands classiques du théâtre anglais. Il a, entre autres, interprété le rôle du physicien Niels Bohr dans Copenhagen de Michael Frayn en 2008 puis, farceur impénitent, a fait croire le dramaturge à l'existence de documents secrets révélant les véritables raisons pour lesquelles le savant atomiste Heisenberg s'était rendu à Copenhague. De ce formidable canular, Frayn et Burke ont tiré un livre, Célia's Secret : The Copenhagen Papers. Ce n'est pas la seule publication de l'acteur, qui a aussi à son actif Street Talk 1, How to Speak and Understand American Slang. Durant l'automne 2013, Burke incarne sur la scène du Donmar Warehouse le personnage de Stan Mann, l'homme d'affaires abandonné, déchu et alcoolique de Roots (1959), pièce écrite par Arnold Wesker en un temps où les comédies de salon cédaient le pas aux oeuvres d'un réalisme cru, parfois sordide, connues sous le nom de kitchen sink dramas (drames d'arrière-cuisine. Mot à mot : drames d'évier).

La télévision, support et tremplin inestimable

David Burke as Camillo (The Winter's Tale, 1981)

Pourtant, tout comme Jeremy Brett, Burke ne doit essentiellement sa notoriété ni au théâtre, qui ne touche qu'un public limité, ni au cinéma. Il a, certes, joué par exemple en 2004 dans le film Straight Jacket (personnage de Ray) ou en 2012 dans La Dame en noir (Police Constable Collins) et dans A Thousand Words (Gil Reed), mais ce sont ses rôles très nombreux et très divers au petit écran qui ont constitué le support le plus constant et le plus solide de sa carrière et ont considérablement élargi son audience et sa renommée. Parmi les multiples personnages qu'il a incarnés figurent le soldat Terence Mulvaney dans The Indian Tales of Rudyard Kipling (1964), John Benjamin dans Coronation Street (1966), Dr Benedict dans The Guardians (1971), Tom Amyas dans Armchair Thriller', Quiet as a Nun (1978), Tom Prentiss dans Holly (1972), Camillo dans The Winter's Tale (1981), Sir William Catesby dans The Tragedy of Richard III (1983). Il a également été Sir Arthur Stanley dans Hercule Poirot, Pension Vanilos (1995), et en 2002 Lord Reith dans Bertie and Elizabeth. Rares sont les types de rôles qu'il n'a pas abordés ! En 1983, il a incarné avec maestria dans Reilly, Ace of Spies un personnage historique considérable, Joseph Staline, en 2004, dans la comédie désopilante de Sheridan, The Rivals, le burlesque Sir Anthony Absolute et en 2006 le Professeur Harshom dans un film de science-fiction, Random Quest, postulant l'existence de mondes parallèles. Il a même été la voix de Dieu dans The Bible in Animation, Creation and the Flood (1996) mais n'a pas dédaigné de descendre du haut des cieux en 2008 pour tourner des films publicitaires hilarants où il incarne le fondateur d'une firme de confiserie néerlandaise, Johannes Conradus Klene.

David Burke et le Docteur Watson

David Burke as Sir George Burnwell (The Beryl Coronet, 1965)

En 1965, déjà, David Burke avait croisé Sherlock Holmes. Il avait en effet incarné dans The Beryl Coronet le séduisant et cynique Sir George Burnwell avec Douglas Wilmer dans le rôle de Sherlock Holmes et Nigel Stock dans celui de Watson.

Michael Cox avait travaillé avec David Burke en 1972 sur la série Holly. Le scénariste était Robin Chapman qui adaptera, dans The Casebook of Sherlock Holmes (1991), The Illustrious Client et The Creeping Man. Lorsqu'il s'agit de choisir un Watson pour la série Sherlock Holmes, le producteur n'hésita pas : il savait Burke capable d'apporter à l'interprétation du bon Docteur un maximum de chaleur et d'esprit. Le problème était de savoir si l'acteur accepterait le second rôle dans la série. Ce fut heureusement le cas. Burke reconnaît qu'il eut d'abord quelques doutes : comment jouer le rôle d'un homme qui est peut-être le personnage le plus ordinaire de la littérature anglaise ? Mais sa femme balaya ses hésitations, ajoute-t-il avec humour, en affirmant : Watson est ton portrait tout craché ! De plus, comme Burke l'explique lui-même avec beaucoup de franchise et de réalisme, le chômage s'aggravait parmi les acteurs et deux années de travail assurées dans une production de qualité n'étaient nullement à dédaigner.

David Burke as Watson in The Copper Beeches (1985)

Cox put donc disposer d'un interprète capable de briser le moule qui, à quelques exceptions près, comme André Morell, produisait depuis de longues années des Docteurs Watson ineptes et risibles. En effet Watson, dont le rôle chez Conan Doyle est essentiellement celui de narrateur, a peu à faire et encore moins à dire (Burke, qui a compté combien de mots il prononçait dans The Speckled Band, est arrivé au total de 43 !). Nigel Bruce, le Watson de Basil Rathbone, désireux de donner de l'importance à son personnage, eut donc l'idée astucieuse d'en faire un pitre dont le public raffolerait. Il y réussit brillamment, mais voua Watson au rôle de comparse burlesque pour des lustres. Michael Cox avait du Docteur une vision bien différente. Si, à ses yeux, ce n'était certes pas un génie comparable à Holmes, c'était toutefois un homme intelligent, brave, efficace, loyal et dévoué. En somme, un digne compagnon pour le grand détective, qui n'aurait certainement pas supporté un imbécile à ses côtés. David Burke possédait tous les atouts pour réussir à incarner le Watson vigoureux, énergique, curieux, éveillé, réactif, drôle, attentionné et pour tout dire éminemment séduisant et sympathique dont rêvait Cox. Durant le tournage des treize épisodes des Aventures de Sherlock Holmes, il s'entendit au mieux avec Brett. Ils avaient en commun une formation classique, un sens aigu de l'humour, beaucoup de fantaisie et un goût immodéré de la farce et du canular. Tous deux remarquablement inventifs, ils ajoutèrent aux scénarios de savoureux détails de leur cru. Mais ils voulaient aussi passionnément être fidèles à Conan Doyle, même s'il fallait pour cela batailler parfois contre le producteur lui-même, qui était certes un admirateur fervent et dévoué du père de Sherlock Holmes, mais aussi un gestionnaire, bien forcé de consentir à des concessions sous peine de banqueroute.

David Burke as Watson in The Dancing Men (1984)

Burke aimait la série. Pourtant, lorsque Cox voulut l'engager pour Le Retour de Sherlock Holmes, il refusa de signer un nouveau contrat. Ce fut un rude coup pour l'équipe et plus particulièrement pour Cox et Brett. Burke avait longuement hésité. Mais en définitive, il lui parut impensable de continuer à tourner à Manchester tandis que sa femme resterait seule dans le Kent pour s'occuper de Tom, leur fils de trois ans. C'était en effet une lourde charge pour la jeune femme, qui avait des problèmes de santé et que la garde de l'enfant avait pratiquement forcée d'arrêter de jouer. Or, la célèbre Royal Shakespeare Company, établie à Stratford, proposait d'engager le couple. Burke accepta d'autant plus volontiers cette offre alléchante qu'on n'était pas encore absolument certain, à ce moment-là, que Les Aventures auraient une suite. L'aurait-on été, que sa décision n'eût sans doute pas été différente car, comme il le déclara plus tard dans une interview, la famille passait pour lui avant tout. De plus, malgré sa parfaite entente avec Brett et le plaisir trouvé à tourner la série, David Burke n'était pas totalement comblé par son rôle. Il s'en ouvrit à Cox au long d'une lettre citée dans A Study in Celluloïd. Malgré les efforts des scénaristes pour donner à Watson un rôle plus actif et le mettre davantage en avant, l'acteur y affirme souffrir de n'avoir pas davantage à dire et à faire. Il dit avoir épuisé tous les moyens possibles de traduire la stupéfaction et l'admiration du bon Docteur devant les exploits intellectuels de son génie à domicile (Resident genius) et exprime sa crainte de finir par ennuyer le public malgré ses efforts pour être drôle tout en restant crédible. Aussi demande-t-il à Cox avec humour s'il ne pourrait pas, par exemple, le faire jongler ou entrer dans la cage au lion. Le temps ne semble guère avoir modifié sa perception de son rôle car, dans une interview datant de l'année 2000, il dit encore s'être senti, à la fin du tournage des Aventures, infiniment las de répéter sur tous les tons imaginables : Good Heavens, Holmes !

Mais les spectateurs, eux, sont en règle générale bien loin de trouver David Burke passif, effacé ou ennuyeux dans le rôle du bon Docteur. D'abord, parce qu'à leurs yeux, Holmes et Watson forment un couple inséparable. C'est leur association qui fait le succès des histoires. Totalement différents, les deux personnages se complètent et s'entendent d'autant mieux. Et si c'est Holmes que l'on admire, c'est avec Watson que l'on sympathise immédiatement et c'est à lui que l'on s'identifie. Quant à Burke, si son texte est réduit, ses attitudes et son visage particulièrement expressifs parlent, et avec beaucoup d'éloquence, de drôlerie et de charme. Ses répliques n'ont nul besoin d'être longues pour être percutantes. Qu'on songe, par exemple, à la formidable charge d'indignation et de colère maîtrisées qu'il a su mettre dans le simple this is Sherlock Holmes adressé aux policiers qui s'étaient permis de ne pas réagir à l'entrée de Holmes dans The Dancing Men.

Loin de quitter la série en abandonnant derrière lui une équipe orpheline, David Burke prit soin d'assurer sa relève. Il présenta à Cox un successeur parfait, Edward Hardwicke, qu'il connaissait fort bien pour avoir joué avec lui. Mais Burke n'en était pas pour autant quitte envers Sherlock Holmes. Il apparut en 1995 dans Biography (TV series Documentary) Sherlock Holmes: The Great Detective où il incarnait Watson et en 2007, présenta un chapitre de l'excellente émission Elementary My Dear Viewer, intitulé The Shackles of Sherlock Holmes (Les chaînes de Sherlock Holmes). Et tels sont la popularité des locataires du 221B, Baker Street, et leur pouvoir de conférer la célébrité à leurs interprètes, que toutes les notices concernant David Burke stipulent : Principalement connu pour le rôle du Docteur Watson aux côtés de Jeremy Brett dans la série Granada. Décidément, on n'échappe pas aux chaînes de Sherlock Holmes.



  • Credits : Monique Claisse (text), Sarah Fava (photos), Granada.
  • Sources: Forum Jeremy Brett (de Dyan Bretty), Michael Cox: A Study in Celluloïd, Peter Haining: The Television Sherlock Holmes.

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