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22 May 1859, Edinburgh M.D., Kt, KStJ, D.L., LL.D., Sportsman, Writer, Poet, Politician, Justicer, Spiritualist Crowborough, 7 July 1930

June Wyndham-Davies

From The Arthur Conan Doyle Encyclopedia

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June Wyndham-Davies (left), with Rosalie Williams (center) and Tony Howlett (27 december 1987)

June Wyndham-Davies est une productrice britannique.



Adaptations holméso-doyliennes

TV


Biographie

Une rapide ascension

Modestes débuts

En 1964, June Wyndham-Davies joue un petit rôle de secrétaire dans Curtain of Fear. Puis elle entre à la BBC, en tant que simple assistant régisseur de plateau.

De l'organisation matérielle à la direction artistique

Mais dès 1967, June Wyndham-Davies, grimpant rapidement les échelons, quitte la régie, chargée de l'organisation matérielle du tournage, pour la fonction artistique de réalisatrice. Elle se voit confier la réalisation de la série Boy Meets Girl (1967), une anthologie d'histoires d'amour, puis de la série Kate (1970-1972), diffusée par Yorkshire Television et dont le personnage principal est une journaliste chargée du courrier du cœur, qui ne peut s'empêcher de s'investir personnellement dans les tribulations des désespérés dont elle reçoit les lettres.

En 1973, June Wyndham-Davies, entrée à Granada, réalise la série à succès Pollyanna, inspirée du classique de la littérature pour enfants d'Eleanor H. Porter. L'héroïne en est une fillette gaie, vivante et pleine d'un optimisme à toute épreuve. June poursuit dans la même veine avec Heidi (1974), adaptation du best-seller de la romancière suisse Johanna Spyri.

Avec Crown Court (1973-1977), célèbre série judiciaire où le jury se compose de téléspectateurs, la future productrice du Return of Sherlock Holmes et The Memoirs of Sherlock Holmes aborde le domaine particulier des dramatiques fondées sur le crime. C'est elle qui, ayant lu dans le Times Magazine un article sur Waxwork, convainc le producteur Peter Eckersley que cette histoire policière se prête parfaitement à une adaptation télévisée. Waxwork, d'abord épisode de la série Screenplay (1979), sera le point de départ d'une série très populaire : Cribb (1980-1981).

June Wyndham-Davies devient productrice

Passant ainsi aux commandes, elle produit en 1978 Send in the Girls, une série mettant en scène un groupe de jeunes femmes ambitieuses, membres d'une équipe de promotion des ventes sous pression. En 1981, c'est le tour du film d'horreur Christmas Spirits et surtout de la série à succès Cribb, inspirée des romans de Peter Lovesey et proche par plusieurs aspects de la future série Sherlock Holmes. En effet, situés au temps de Jack the Ripper (1880), les épisodes de Cribb font revivre l'époque victorienne en mêlant à la fiction des faits de société et des événements réels tels que la vogue du spiritualisme, les combats de boxe à mains nues, ou la publication par Jerome K. Jerome de Trois Hommes dans un bateau. Leur personnage principal, le Chef-Inspecteur Cribb, incarné par Alan Dobie, travaille pour le tout récent Criminal Investigation Department, qui tente d'extirper le crime des rues de Londres à l'aide des méthodes d'investigation les plus novatrices. Productrice de la série, June participe aussi à sa réalisation en compagnie d'Alan Grint et de Brian Mills, que l'on retrouvera dans la série Sherlock Holmes. Suivent Shades of Darkness (1983-1986), série basée sur le mystère et le paranormal, The Death of a Heart (1987), téléfilm inspiré d'une nouvelle d'Elizabeth Bowen, et le téléfilm The Heat of the Day (1989). En 1990, June Wyndham-Davies produit Made in Heaven qui, sur un mode tantôt humoristique tantôt émouvant, met en scène un ancien footballeur professionnel et son épouse. Le couple, bien que lui-même désuni, ouvre une agence matrimoniale, et remporte de grands succès en organisant des mariages à thèmes parfois excentriques.


June Wyndham-Davies aux prises avec la série Sherlock Holmes

Une professionnelle chevronnée

En 1985, lorsque June est appelée à produire Le Retour de Sherlock Holmes, Michael Cox n'assumant plus qu'un rôle de supervision en tant que producteur exécutif, elle a donc déjà à son actif une expérience considérable des séries ainsi que le tournage d'une série policière très appréciée (Cribb), située à l'époque victorienne.

Grandeur et misères du métier de productrice

Au moment où June Wyndham-Davies entreprit de relayer Michael Cox, les plus beaux jours de la série appartenaient déjà au passé : Granada commençait à resserrer les cordons de la bourse et la grave maladie bipolaire de Jeremy Brett s'était déclarée. Toutefois, les épisodes du Retour qu'elle parvint à mettre sur pied, tels The Second Stain, The Musgrave Ritual ou The Six Napoleons furent de magnifiques réussites. Mais faute d'argent, les deux derniers prévus ne purent être tournés et Michael Cox, dans A Study in Celluloïd (1999) en rend explicitement responsable la gestion selon lui trop prodigue de la productrice. Faute d'argent encore, The Hound of the Baskervilles (1988) ne fut pas le chef-d'oeuvre qu'il aurait pu être. Les critiques se montrèrent sévères. Mais ils le devinrent encore davantage avec The Last Vampyre et The Eligible Bachelor (1993), dont les scénarios leur parurent éloignés de l'esprit comme de la lettre des histoires originales, ou même carrément aberrants. Quant à The Memoirs de Sherlock Holmes (1994), ils furent loin de recevoir les applaudissements unanimes qui avaient salué The Case-Book of Sherlock Holmes, produites en 1991 par Michael Cox.

Une femme en colère

Il semble que June Wyndham-Davies ait donné peu d'interviews. Mais celle qu'en compagnie de Norma West elle a accordée à Helen Cohen et Baptiste Marcel en 1996 est loin de manquer d'intérêt. Les propos de la productrice laissent en effet transparaître son ressentiment envers les critiques de télévision, peu équitables à ses yeux. Etait-ce après tout sa faute ou celle des scénaristes, des réalisateurs et des acteurs, si les histoires de Conan Doyle qui leur restaient à adapter et dont ils durent tirer plusieurs films de deux heures, étaient aussi minces et parfois aussi pauvres ? Quant aux journalistes, June Wyndham-Davies exprime sans fard la franche détestation qu'ils lui inspirent. N'ont-ils pas traqué avec un acharnement effréné toute l'équipe et spécialement Jeremy Brett, allant jusqu'à forcer l'entrée de sa chambre d'hôpital, caméra en mains, pour lui demander s'il était atteint du sida ? Un Sherlock Holmes atteint de troubles mentaux pouvait déjà leur fournir de beaux titres, mais que dire de l'annonce d'une maladie sexuellement transmissible, sinon qu'elle aurait été une formidable aubaine pour la presse à scandale ?

On comprendrait aisément que la productrice ait éprouvé une certaine amertume. Après tout, si elle avait accepté de se charger de The Return of Sherlock Holmes bien qu'après Cribb, déclare-t-elle, les détectives victoriens aient commencé à [lui] sortir par les yeux, c'était parce qu'elle jugeait le devoir, afin de rendre la série Sherlock Holmes aussi visuelle que possible et de faire échapper son tournage à ce qu'elle appelle le style de théâtre dans une boîte. Ses priorités étaient évidemment très différentes de celles de Michael Cox qui, privilégiant avant tout la fidélité à Conan Doyle, jugeait son approche esthétisante et superficielle. Mais en regardant, entre autres, le superbe The Abbey Grange, réalisé par Peter Hammond, réalisateur préféré de June Wyndham-Davies, on ne peut guère douter qu'elle ait atteint son but. Pour parvenir à mettre sur pied The Memoirs of Sherlock Holmes (1994), June dut batailler âprement. Il lui fallut tâcher de concilier l'inconciliable, à savoir les directives de ses supérieurs, qui lui intimaient de faire de jolies images et de couper les dialogues, avec les exigences d'exactitude et de profondeur des admirateurs de Conan Doyle, mais aussi tenter de réaliser l'impossible, en fournissant à Granada dans un délai record des films de deux heures, alors que l'oeuvre du romancier n'en offrait plus la matière. Enfin, elle dut s'évertuer à pallier les énormes problèmes posés par l'état de santé physique et mentale dramatique de sa vedette. C'était un parcours du combattant. Mais ce devint un cauchemar quand, Jeremy Brett hospitalisé, il fallut tourner un Sherlock Holmes sans Sherlock Holmes et remplacer ce dernier par Mycroft. Charles Gray se trouvait heureusement disponible. De son propre aveu, durant le tournage des Mémoires, l'énergique productrice se sentit plus d'une fois au bout du rouleau. Et l'accueil réservé à ses longs métrages par une critique parfois cruelle fut loin de la payer de ses efforts colossaux.

June se rebiffe

Dans son interview avec Helen Cohen et Baptiste Marcel, June Wyndham-Davies, loin de baisser pavillon, défend ardemment son travail et celui de son équipe. Elle prend tout d'abord soin de préciser que, si la série Sherlock Holmes a pu voir le jour, c'est grâce aux sommes considérables qu'elle a, en 1981, fait gagner à Granada avec sa série Cribb. Voilà pour ceux qui lui reprochent d'avoir ruiné le budget du Retour. Elle affirme ensuite que c'est elle qui, la première, a suggéré le nom de Jeremy Brett pour le rôle de Sherlock Holmes à un réalisateur très connu, qu'elle ne nomme pas. Un propos que ne confirmera pas, trois ans plus tard, A Study in Celluloïd de Michael Cox, qui attribue la paternité de l'idée à David Plowright. La productrice exprime également la fierté légitime que lui inspire The Sign of Four, produit avec Michael Cox, et défend farouchement The Last Vampyre, soutenant avec aplomb que le tourner était une excellente idée, qu'elle a pris grand plaisir à le faire dans le cadre splendide qu'elle avait choisi et que le film a su faire frémir le public. Et voilà pour les critiques qui l'ont éreinté, lui reprochant, parfois avec une méchanceté jubilatoire, non seulement son infidélité mais aussi l'absence d'énigme criminelle et la confusion de l'intrigue. De toute façon, ajoute June, leurs avis négatifs n'ont nullement fait baisser le taux d'écoute de la série. Ce plaidoyer est certes parfois discutable, mais il dénote la femme de caractère. Et du caractère, il en fallait, pour affronter une adversité aussi puissante que multiforme!

Le legs de June Wyndham-Davies

Après la série Sherlock Holmes, June produisit encore August (1996), film tiré du célèbre Oncle Vanya de Tchékov et réalisé par Anthony Hopkins qui joue le rôle éponyme, ainsi que le téléfilm The Cater Street Hangman (1998), adapté du roman d'Anne Perry par T. R. Bowen et dont le héros est un inspecteur de Scotland Yard d'origine modeste, qui poursuit un tueur en série dans le Londres victorien, aidé d'une jeune aristocrate fougueuse et anticonformiste.

Mais pour les passionnés de la série Sherlock Holmes, June Wyndam Davies restera avant tout celle qui a lutté contre vents et marées pour la mener à bon port et qui, si elle a connu des échecs, est aussi parvenue, avec le concours d'une équipe talentueuse, à produire des oeuvres d'une rare qualité comme les onze épisodes du Retour, The Sign of Four, The Master Blackmailer, The Red Circle ou The Cardboard Box.




  • Copyright et remerciements : Textes de Monique Claisse. Photos : Sarah Fava.

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