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22 May 1859, Edinburgh M.D., Kt, D.L., LL.D., Sportsman, Writer, Poet, Politician, Justicer, Spiritualist Crowborough, 7 July 1930

The Last Vampyre

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The Last Vampyre

The Last Vampyre (Le Vampire de Lamberley) est le 34e épisode de la série Granada et le 4e épisode long de la série, diffusé le 27 janvier 1993 sur ITV. 101 min.

L'art d'envoyer ses collaborateurs dans le mur

En 1992, l'élimination systématique des anciens cadres de Granada fut parachevée par le limogeage de David Plowright, dernier champion de la qualité artistique. Les commerciaux dorénavant au pouvoir n'obéissaient plus qu'aux taux d'écoute, dont dépendaient leurs recettes publicitaires. Alors que June Whyndam Davies tenait prêts trois scénarios d'une heure, ils exigèrent pour Noël un long-métrage, formule censée correspondre aux attentes du public. Jeremy Paul dut en rédiger le scénario en trois semaines !

Le Vampire du Sussex, un choix problématique

Laissé libre quant à la nouvelle qu'il adapterait, Jeremy Paul choisit The Adventure of the Sussex Vampire, un bref récit ne comportant nulle ébauche d'intrigue secondaire à développer. Pour étoffer cette histoire statique où tout finit par s'expliquer simplement, Jeremy Paul ne disposait donc d'aucun guide.

Adaptation ou pastiche ?

Afin de pimenter l'aventure, le scénario transforma profondément les personnages. Ferguson et Jack ne sont plus ici tendrement unis : leur éloignement était nécessaire pour que l'adolescent cherche en Stockton un père spirituel. Mais le rôle prépondérant de ce personnage fascinant et dangereux créé par le scénariste modifie radicalement le sens de l'histoire. La nouvelle de Conan Doyle reposait sur la jalousie d'un adolescent malheureux envers son demi-frère et le mystère initial recevait une explication exclusivement naturelle. Le film, lui, est basé sur les crises que provoque à Lamberley la présence d'un mystérieux étranger et bascule dans le pur fantastique lorsque Holmes a la vision prémonitoire d'un geste d'invite de Stockton.

Enquête holmésienne et récit fantastique, une association risquée

Dans Le Chien des Baskerville, Holmes étant longtemps absent, l'atmosphère surnaturelle ne peut être prématurément dissipée par son positivisme. Mais dans Le Vampire de Lamberley, son rationalisme, qui le conduit, entre autres, à nier la réalité du spectre qui lui est apparu, désamorce le fantastique. Réciproquement, la nécessité de préserver l'atmosphère mystérieuse du film entrave le travail d'élucidation habituel de Holmes. Il n'examine pas, par exemple, la carriole de Stockton, pour déterminer les causes exactes de sa mort. Comment se satisfaire de l'entendre déclarer à Watson : Accident ? Fatalité ? Qui sait ?

Holmes réduit au rôle de spectateur éclairé

Le Pasteur espère en vain de lui qu'il parvienne à rassurer les villageois. Il ne réussit ni à apaiser les dissensions de la famille Ferguson, ni à protéger Stockton ni à empêcher le saut fatal de Jack. Cette inefficacité était la condition indispensable d'un dénouement tragique. Mais Stockton n'opérant aucun maléfice avéré et Holmes ne semblant pas mener d'enquête véritablement suivie, l'intrigue, dépourvue de lignes de force suffisamment nettes, se réduit à une succession décousue d'incidents énigmatiques.

Un acteur mal à l'aise

Brett, habituellement défenseur acharné des histoires originales, ne put ici s'opposer aux dérives du scénario. Sa maladie de coeur l'affaiblissait, lui ôtant sa combativité naturelle. De plus, le lithium prescrit pour ses troubles mentaux l'ayant affligé d'un surpoids considérable, il savait ne plus avoir la silhouette de Holmes et souffrait cruellement de sa propre apparence. Où donc aurait-il trouvé l'assurance nécessaire pour protester ?

Un Vampire pourtant non dénué de pouvoirs

La critique n'a pas ménagé Le Vampire. Pourtant, s'il pèche par sa confusion et son obscurité, il est joué avec talent. Le couple d'adversaires formé par Brett et Marsden a de l'envergure et Maurice Denham incarne un Révérend Merridew attachant. Le film offre de belles images étranges et tragiques, telles l'incendie du château ou la folle course nocturne de Stockton et des scènes fortes, comme celle où Jack joue frénétiquement du violon en dépit des pleurs du bébé et où sa belle-mère, furieuse, disloque le délicat instrument. Sans être une réussite, Le Vampire de Lamberley ne mérite décidément pas le pilori.



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Plot summary (spoiler)

Le retour de Ferguson à Lamberley avec sa nouvelle épouse et leur bébé excite la jalousie de son aîné infirme, Jack. Les villageois, eux, redoutent leur nouveau concitoyen, Stockton, descendant de leurs cruels seigneurs. Le Pasteur confie à Holmes son inquiétude : la mort subite du forgeron après une dispute avec Stockton et celle du bébé le lendemain de sa visite aux Ferguson ont convaincu chacun que Stockton était un vampire. Quand Holmes et Watson arrivent à Lamberley, une épidémie y sévit. Mrs Ferguson, sa camériste et surtout Jack, fasciné par les vampires et persuadé d'en faire partie, semblent hypnotisés par Stockton qui, selon Holmes, n'est qu'un « vampire psychologique ». Mais sourd à ses conseils apaisants, Ferguson agresse Stockton qui, furieux, repart en carriole au triple galop et périt dans un terrible accident. Les villageois jettent son cercueil dans les caves du château, où Ferguson se précipite pour lui percer le cœur. Holmes le découvrira gisant, assommé, sur le corps du « vampire » et ne pourra empêcher Jack, son agresseur, de se jeter du haut d'une muraille. Quittant Lamberley endeuillé, les deux amis regagnent Londres, sombres et perplexes.



  • Copyright et remerciements : Textes de Monique Claisse. Photos : Sarah Fava, Granada.

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