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22 May 1859, Edinburgh M.D., Kt, D.L., LL.D., Sportsman, Writer, Poet, Politician, Justicer, Spiritualist Crowborough, 7 July 1930

Un émule de Sherlock Holmes

From The Arthur Conan Doyle Encyclopedia

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Illustration by Henri Monier in Le Petit Parisien (16 march 1926, p. 2)

Un émule de Sherlock Holmes (The Disciple of Sherlock Holmes) is a pastiche written by Maurice Morelo published in on 16 march 1926 in the French newspaper Le Petit Parisien.

The story is about Narcisse Barsanufe, a wanabee Sherlock Holmes, which thinks his money was stolen.


Un émule de Sherlock Holmes

Un émule de Sherlock Holmes
Le Petit Parisien (16 march 1926, p. 2)

De taille moyenne, un physique tourmenté, une tenue vestimentaire usagée, tel se présentait Narcisse Barsanufe aux yeux de ses concitoyens. Il n'attirait point sur lui l'attention des passants lorsqu'il circulait sur l'asphalte parisien et nul ne se doutait que ce petit bourgeois, à l'aspect minable, aspirait à devenir un détective célèbre.

Pour le moment, il exer√ßait les peu lucratives fonctions de contr√īleur dans un minuscule cin√©ma, emploi qu'il jugeait tr√®s inf√©rieur √† ses capacit√©s, et voici pourquoi.

Le spectacle de films policiers, ajout√© √† la lecture passionnante des romans de Conan Doyle et de Gaston Leroux, avait meubl√© le cerveau de Barsanufe d'un monceau de th√©ories sur les observations et les d√©ductions qu'en mati√®re d'enqu√™tes judiciaires les fins limiers de la S√Ľret√© doivent mettre en pratique s'ils veulent obtenir des r√©sultats s√©rieux.

Aussi notre homme, possédant à fond ces matières spéciales, se croyait-il en mesure de surpasser tous les Sherlock Holmes et tous les Rouletabilles de la terre.

L'occasion de mettre ses aptitudes à l'épreuve lui manquait malheureusement, aussi résolut-il de la provoquer.

Or donc, un soir, il se dirigea √† pas de loup vers son armoire √† glace, y prit un portefeuille contenant ses modestes √©conomies et s'en fut le placer en un endroit o√Ļ il √©tait certain que personne ne viendrait le d√©couvrir.

Puis, il se coucha, s'endormit et son sommeil se peupla aussit√īt de r√™ves fabuleux.

Le lendemain, d√®s son r√©veil, il courut √† son armoire, constata la disparition de son portefeuille, et s'√©cria avec d√©sespoir et conviction : ¬ę Je suis vol√© ! ¬Ľ

Immédiatement, il alla trouver le commissaire du quartier pour lui conter sa mésaventure, se vantant, d'un air entendu, qu'il se faisait fort de découvrir par ses propres moyens l'auteur du méfait.

En rentrant chez lui, Barsanufe se mit √† plat ventre pour se livrer, selon les r√®gles de l'art, a la mensuration minutieuse des empreintes de pas laiss√©es sur le parquet de son appartement. De l'examen de ces empreintes, il conclut que le voleur chaussait du 41, que le talon de sa chaussure gauche, un peu √©cul√©, d√©notait une situation pr√©caire chez son propri√©taire, et que la taille de celui-ci mesurait 1,64 m (pointure 41 X 0,04 (?) = 1,64 m). En explorant le sol √† l'aide d'une forte loupe, il d√©couvrit un cheveu de teinte claire, tirant sur le roux ; ce cheveu sans consistance √† la traction, r√©v√©lait qu'il appartenait √† un individu presque chauve de la race dite rouquine. Un bout de m√©got oubli√© sur le coin de la chemin√©e √©tablissait nettement que le cambrioleur √©tait un fumeur ayant d√©pass√© la quarantaine (taille 1,64 m + pointure 41 = 42,64, soit 42 ans, 2 mois et 4 jours). Il s'agissait, en outre, d'un monte-en-l'air des plus habiles, puisque aucune trace d'effraction n'√©tait relev√©e sur les serrures de l'appartement et de l'armoire √† glace, laquelle, d'ailleurs, n'√©tait pas ferm√©e.

De tout ce faisceau d'observations, Barsanufe déduisit facilement que l'individu répondant à ces diverses indications fournies par l'enquête n'était autre que lui-même et cette constatation le remplit de joie, car il venait de faire une rigoureuse démonstration de la valeur indiscutable des méthodes employées par lui pour découvrir l'auteur du vol.

Restait maintenant à retrouver le magot.

En suivant les empreintes des pas depuis leur point de d√©part, c'est-√†-dire d√®s le seuil de l'appartement, on pouvait d√©terminer exactement le chemin parcouru par le cambrioleur. Celui-ci, sans h√©sitation aucune, ce qui prouvait de sa part une parfaite connaissance des a√ģtres, avait travers√© l'antichambre, puis la salle √† manger, et s'√©tait dirig√© directement vers l'armoire √† glace plac√©e dans la chambre √† coucher.

De cet endroit, les pas s'√©loignaient dans la direction d'un cabinet noir sans issue servant de d√©barras. Remarque importante : une chaise apport√©e dans ce r√©duit prouvait que l'individu avait d√Ľ se servir de ce si√®ge pour atteindre une planche sous laquelle √©tait install√© un porte-manteau. Barsanufe escalada la chaise et mit la main sur le portefeuille plac√© sur cette planche par le malfaiteur qui, sans doute d√©rang√© dans ses op√©rations, les avait interrompues avec l'intention de venir les terminer √† la premi√®re occasion.

Le magot étant retrouvé, Barsanufe ne poursuivit pas plus avant ses investigations, mais, heureux de la complète réussite de son expérience, il courut chez le commissaire de police pour lui communiquer le résultat de ses recherches.

- Monsieur, dit Barsanufe, avec un air important, j'ai découvert mon voleur.

- Ah ! ah ! tr√®s bien, je vous f√©licite de votre perspicacit√©. Et qui est-ce ?

- C'est moi-même, affirmat-il, non sans fierté.

- Parfait, parfait ! Alors il ne me reste plus qu'un devoir √† remplir : ¬ę Au nom de la loi, je vous arr√™te ! ¬Ľ


Maurice Morelo





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