Sir Conan Doyle a présidé hier à Paris le Congrès Spirite

From The Arthur Conan Doyle Encyclopedia

Sir Conan Doyle a présidé hier à Paris le Congrès Spirite (Sir Conan Doyle a présidé hier à Paris le Congrès Spirite) is an article written by Roger Valbelle published in the French newspaper Excelsior on 7 september 1925.

Interview of Sir Arthur Conan Doyle at the Spirit Congress in Paris.


Sir Conan Doyle a présidé hier à Paris le Congrès Spirite

Excelsior (7 september 1925, p. 1-2)

SIR ARTHUR CONAN DOYLE
(Photographie prise au Congrès spirite).

Le célèbre romancier anglais nous parle de « l'angélisme », mot qu'il souhaite voir substituer au « spiritisme ».

Sir Arthur Conan Doyle, le célèbre romancier anglais, est venu à Paris pour assister au congrès spirite international qui a commencé hier ses premières réunions et poursuivra ses travaux jusqu'au 13 septembre. Le père du sagace Sherlock Holmes n'est pas un amateur, un profane, devant des idées qui ont donné naissance à une science expérimentale et à une religion. La science a groupé un grand nombre de savants, la religion a, de par le monde, cinq millions d'adeptes, de croyants. Conan Doyle se classe dans la première catégorie et sert la seconde avec une conviction qui n'est pas la foi pure et simple. Et c'est au titre de président d'honneur de la Fédération spirite internationale qu'il a bien voulu, l'après-midi, nous parler à nous-mêmes.

Notre interlocuteur est un bon géant, de taille massive, à la forte moustache blanche, et quand il énonce sa foi, en lui donnant l'appui de la science qu'il a acquise, on sent cette foi profonde, sincère, réfléchie.

— J'ai vu des choses, j'ai écouté ces choses, j'ai touché ces choses, je m'en occupe depuis quarante ans; comment douterais-je, et combien de temps faut-il pour acquérir uen certitude ? J'ai parlé du « spiritualisme » (spiritisme, en français) dans la chaleur tropicale de la mer Rouge, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Amérique, de New-York à San-Francisco, au Canada, de Vancouver à Montréal ; on m'a entendu dans des salons d'hôtel, dans des paquebots, que sais-je ! et j'ai des clichés pour ceux qui n'ont pu voir directement la réalité des phénomènes. »

— Maeterlinck, après avoir écrit l'Hôte inconnu, n'a-t-il pas renoncé à une partie de ses convictions ?

— Maeterlinck n'est qu'un demi-spiritualiste, et nous voici devant un congrès de quinze députations représentant quinze nations. Nous reconnaissons que dans toute croyance il y a des adeptes, élus et nobles, qui honorent l'humanité. Ceux-là, sans être spiritualistes (spirites), possèdent de la spiritualité, vertu essentielle. Mais Pierre a dit : « Le savoir vaut mieux que la foi. » L'histoire a prouvé depuis que la foi ne suffit pas. Or, nous apportonsle savoir. Pour les matérialistes, la mort achève tout. Dans l'ombre qui les entoure,pas une lueur d'espoir. Souvent de caractère élevé, ils vivent très dignement, sans la moindre penséd'une récompense personnelle. Ceux-là seront récompensés malgré eux. Pour nous la personnalité survit à la mort. La foi l'a déjà dit, mais ne l'a pas démontré. Nous, nous le démontrons. Nous avons des preuves de survie. Elles sont multiples, formelles, incontestables. Pour moi, je n'ai aucun doute et je n'exprime pas une opinion, mais la certitude de ce que je sais ; j'ai parlé avec des parents, des amis décédés. J'ai vu devant moi, telle qu'en sa vie, ma mère, mon neveu. La mort ne change rien d'un coup, et la non plus la nature ne fait pas de bonds. Les journaux ne parlent, le plus souvent, que des phénomènes subjectifs de nature secondaire, souvent triviale. Si des spirites assemblés ne sont pas dignes de recevoir autre chose, ils ne reçoivent que cela. Mais si nous recherchons les anges, ils viennent, parce que nous méritons de recevoir de recevoir des anges. C'est pourquoi je souhaite que soit un jour substitué au mot spiritisme le mot angélisme, car la recherche de l'Ange, c'est l'essentiel de notre effort, de notre culte.

« De matérialiste que j'étais, je suis devenu croyant de cela. Je m'en suis fait une religion solide, raisonnable et raisonnée. On s'est moqué de nous pendant soixante ans. Aujourd'hui, la raillerie hésite et recule, et il se lève des spirites partout. Le monde s'éveille à la lumière. Ce congrès est de cette vérité une démonstration magnifique. L'on comprend que le spiritisme apporte des clartés radieuses sur la vie et la mort qui sont toujours la Vie. On aperçoit le sens et la raison de la destinée. Notre victoire sera totale le jour où tous les hommes ralliés à nous et renonçant à nous combattre, se diront à nos côtés bons spirites, bon angélistes et loyaux soldats de Dieu. » — ROGER VALBELLE.