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22 May 1859, Edinburgh M.D., Kt, D.L., LL.D., Sportsman, Writer, Poet, Politician, Justicer, Spiritualist Crowborough, 7 July 1930

The Master Blackmailer

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The Master Blackmailer

The Master Blackmailer (Le Maître chanteur) est le 33e épisode de la série Granada et le 3e épisode long de la série, diffusé le 2 janvier 1992 sur ITV. 102 min.

A partir de 1989, le souci de rentabilité prévalut à Granada. Les anciens dirigeants furent écartés et les nouveaux exigèrent, pour répondre aux souhaits du public, des longs métrages auxquels les nouvelles de Conan Doyle ne pouvaient fournir suffisamment de matière. Le scénariste Jeremy Paul releva victorieusement le défi avec The Master Blackmailer, mais The Last Vampyre et The Eligible Bachelor reçurent un accueil beaucoup moins favorable.

Les commerciaux imposent leur loi !

Constatant la popularité grandissante de l'Inspecteur Morse, les programmateurs de Granada décrétèrent que Sherlock Holmes devrait dorénavant apparaître, comme lui, dans des films de deux heures. Les épisodes d'Inspecteur Morse étaient basés sur des romans alors que ceux de Sherlock Holmes ne pouvaient s'inspirer que des maigres nouvelles restant à adapter ? Aucune importance !

Le remarquable tour de force de Jeremy Paul

Contraint de bâtir un scénario de deux heures à partir d'une nouvelle de dix pages, Jeremy Paul reprit fidèlement les composantes de l'oeuvre originale. Mais la scène où Milverton tient victorieusement tête au grand détective jointe à celle où Holmes cambriole son repaire ne fournissant guère qu'une demi-heure de film, Paul s'empara d'affaires que Conan Doyle avait simplement mentionnées, comme la rupture des fiançailles de Charlotte Miles et du Colonel Dorking. Il les développa d'une manière aussi dramatique que précise et documentée, évoquant par exemple les dessous du Londres victorien avec ses clubs de travestis. On regrette seulement que Paul ait supprimé la comique apparition finale de Lestrade et surtout les superbes répliques de Watson à Holmes, qui prétendait courir sans lui les risques du cambriolage de Milverton.

Un drame qui empoigne le spectateur

Robert Hardy incarne parfaitement le personnage impitoyable, machiavélique, cynique et hypocritement patelin créé par Conan Doyle. Assimilé à un serpent, symbole de Satan, Milverton est l'incarnation même du mal. Le film rend palpable la souffrance de ses victimes en nous offrant d'emblée l'image concrète de « la ruine d'une noble famille » : une aïeule, désormais désespérément seule dans son manoir délabré. Holmes éprouve envers Milverton une horreur sans égale mais se sent désarmé face à ce criminel impossible à confondre sans éclabousser ses victimes. D'où son humeur noire et sa rage, que Brett traduit avec une puissance formidable. La confrontation entre le champion de la justice et celui de l'ignominie culmine lorsque, quittant en vainqueur Baker Street, le maître-chanteur lève en ricanant sa face poupine et narquoise vers le visage noblement impassible du détective. Pour éliminer Milverton, Holmes devra employer des moyens qui lui rendront la victoire amère : duper une sympathique servante et permettre à Lady Swinstead d'assassiner le maître-chanteur. Criblé de balles, il titube, gargouille, s'agrippe, se convulse. Rien de gratuit dans ce spectacle horrible : l'agonie de Milverton est celle d'une bête immonde et coriace. Certes, le film comporte peu d'action avant sa dernière partie, mais son découpage en séquences très courtes et contrastées prévient toute monotonie.

Une histoire filmée avec un art consommé

Les images magnifiques foisonnent dans ce beau film, remarquable par la qualité artistique de ses transitions. Alors qu'à Baker Street Holmes compare le maître-chanteur à un serpent chassant dans de grasses prairies, l'image, après avoir glissé de la pénombre du salon à la verdure du jardin de Charlotte Miles, suggérant ainsi que le reptile s'y faufile, se fixe sur un groupe joyeux et pépiant de jeunes filles fortunées, ses victimes potentielles. Chaque personnage a son thème musical, romantique pour Lady Swinstead, angoissant pour Milverton, et la musique fournit à l'image des contrepoints suggestifs, associant par exemple à la vision du château de Dovercourt le cancan du cabaret Bertrand, source de la machination contre Eva.

Le baiser qui déchaîna la polémique

Le baiser que Holmes reçoit d'Agatha offusqua de nombreux spectateurs, qui le jugèrent non-canonique et gênant. Mais d'autres furent touchés par l'image d'un Holmes humain et vulnérable. On pourrait certes regretter que le détective, ayant passé l'âge auquel sied la candeur, fasse ici figure d'empoté et que le scénario lui prête un aveu dont le lyrisme sentimental frôle le ridicule. Mais qui se scandaliserait aujourd'hui de cette scène, qui forme un contraste bienvenu avec l'image sombre de Holmes donnée par le reste du film ?



Photos


Cast



Plot summary (spoiler)

Chargé de neutraliser un démoniaque maître-chanteur, Holmes n’a pour indice que trois initiales : C.A.M. La lettre que lui a écrite le Colonel Dorking révélera que ce sont celles du scélérat qui l’a acculé au suicide, Charles Augustus Milverton. Déguisé, Holmes pénètre chez Milverton et courtise sa domestique Agatha pour en obtenir des informations. La prochaine proie du maître-chanteur sera Lady Eva Blackwell. N'ayant pu obtenir que Milverton abaisse le prix demandé pour lui restituer ses lettres, qui provoqueraient fatalement la rupture de ses fiançailles avec le Comte de Dovercourt, Holmes décide de les voler pendant le bal auquel il a fait inviter le maître-chanteur. Mais une pourvoyeuse de lettres compromettantes lui ayant donné rendez-vous, Milverton rentre plus tôt que prévu. Holmes et Watson, promptement réfugiés derrière une tenture, constatent que la visiteuse est en réalité la marraine d’Eva, Lady Swinstead. L’ayant laissée partir librement après qu’elle ait déchargé son revolver sur Milverton, responsable de la mort de son époux, les gentlemen cambrioleurs brûlent précipitamment les documents compromettants accumulés par le maître-chanteur et s’enfuient à leur tour.



  • Copyright et remerciements : Textes de Monique Claisse. Photos : Sarah Fava, Granada.

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